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Google Analytics et RGPD : ce qu’il faut savoir en France

Faut-il un consentement pour Google Analytics 4 ? Ce qu’a décidé la CNIL en 2022, ce qui a changé avec le Data Privacy Framework, et pourquoi l’exemption pour la mesure d’audience ne s’applique pas à GA4 par défaut.

Vérifié le 13 octobre 2026

En bref

  • Dans sa configuration standard, Google Analytics 4 exige le consentement préalable du visiteur.
  • Depuis le 10 juillet 2023, les transferts vers Google LLC, certifiée au Data Privacy Framework, sont couverts par une décision d’adéquation.
  • L’exemption de la CNIL pour la mesure d’audience ne vaut pas pour GA4 par défaut, car Google peut réutiliser les données.
  • Avec Google Consent Mode v2, GA4 respecte le choix du visiteur.

Faut-il un consentement pour Google Analytics ?

Oui, dans sa configuration standard. Google Analytics 4 dépose des cookies (_ga et ga) qui contiennent un identifiant unique et expirent par défaut après 2 ans. Selon l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, toute lecture ou écriture sur le terminal du visiteur exige son consentement préalable, sauf exception.

La CNIL prévoit bien une exception pour la mesure d’audience, mais Google Analytics ne la remplit pas par défaut (voir plus bas). Il faut donc :

  • bloquer GA4 tant que le visiteur n’a pas consenti aux cookies de statistiques ;
  • transmettre le choix à Google via Consent Mode v2 ;
  • mentionner GA4 dans votre politique de cookies.

Les décisions de la CNIL en 2022

Après l’arrêt Schrems II de la Cour de justice de l’UE (16 juillet 2020), qui a invalidé le Privacy Shield, l’association noyb a déposé des plaintes contre des sites européens utilisant Google Analytics. La CNIL, en coopération avec ses homologues européens, a analysé ces transferts.

Le 10 février 2022, la CNIL a mis en demeure un gestionnaire de site de se mettre en conformité : les données collectées via Google Analytics étaient transférées vers les États-Unis sans garanties suffisantes, car l’accès des services de renseignement américains ne pouvait pas être exclu. D’autres mises en demeure ont suivi. Des autorités d’autres pays, dont l’Autriche, ont pris des décisions comparables à la même période.

Ces décisions portaient sur les transferts de données, pas sur le consentement aux cookies. Ce sont deux questions distinctes.

Ce qui a changé avec le Data Privacy Framework

Le 10 juillet 2023, la Commission européenne a adopté une nouvelle décision d’adéquation pour les États-Unis : le EU-U.S. Data Privacy Framework (DPF). Depuis, selon la CNIL, les transferts vers des entités américaines certifiées peuvent se faire librement, sans garanties supplémentaires. Google LLC indique être certifiée au DPF.

Le 3 septembre 2025, le Tribunal de l’Union européenne a rejeté le recours en annulation du député français Philippe Latombe (affaire T-553/23). Un pourvoi est pendant devant la Cour de justice. La décision d’adéquation reste applicable tant qu’elle n’est pas annulée, mais il est prudent de suivre ce dossier.

Ce qui ne change pas : le DPF règle la question des transferts, pas celle du consentement. L’article 82 s’applique toujours.

L’exemption pour la mesure d’audience

La CNIL considère que certains traceurs de mesure d’audience peuvent être utilisés sans consentement. Ils doivent :

  • servir uniquement à mesurer l’audience du site, pour le compte exclusif de l’éditeur ;
  • ne pas permettre de suivre la navigation de la personne sur d’autres sites ou applications ;
  • produire uniquement des statistiques anonymes, sans recoupement avec d’autres traitements ni transmission à des tiers.

La CNIL recommande en outre une durée de vie des cookies de 13 mois au maximum, non prolongée automatiquement, et une conservation des données de 25 mois au maximum.

La CNIL précise que les offres dont le fournisseur réutilise les données pour son propre compte sortent de l’exemption, et cite la politique de confidentialité de Google Analytics en exemple. Pour bénéficier de l’exemption, il faut un engagement contractuel du fournisseur de ne pas réutiliser les données.

Depuis juillet 2025, la CNIL met à disposition une grille d’auto-évaluation : c’est au fournisseur de l’outil d’évaluer et de documenter si sa solution, correctement configurée, peut fonctionner sans consentement. Ce n’est pas une certification : la CNIL peut parvenir à une autre conclusion lors d’un contrôle.

Bien configurer GA4

Si vous gardez Google Analytics, avec consentement :

  • Conditions de traitement des données. Pour les entreprises établies dans l’EEE, au Royaume-Uni ou en Suisse, Google indique que les conditions de traitement des données de Google Ads sont déjà intégrées ; les autres doivent les accepter dans les paramètres du compte.
  • Adresses IP. Selon Google, GA4 n’enregistre ni ne stocke les adresses IP.
  • Durée de conservation. Pour une propriété standard, choisissez 2 ou 14 mois dans les paramètres de conservation des données.
  • Signaux Google et partage de données. Désactivez ce dont vous n’avez pas besoin : moins de données partagées, moins de risques.
  • Consent Mode v2. Associez la catégorie statistiques à analytics_storage, et ad_user_data et ad_personalization à la catégorie marketing. Voir Google Consent Mode v2 expliqué.

Les alternatives

Certains outils de mesure d’audience peuvent être configurés pour remplir les conditions d’exemption de la CNIL. Matomo, par exemple, a publié une auto-évaluation selon la grille de la CNIL, à condition d’être correctement configuré. Vérifiez toujours la configuration exacte et la documentation du fournisseur : c’est vous, en tant qu’éditeur, qui devez pouvoir justifier l’exemption.

Vous restez sur Google Analytics ? Cookie Confirm bloque GA4 jusqu’au consentement, transmet les quatre signaux de Consent Mode v2 et liste automatiquement ses cookies dans votre politique de cookies.

Sources

Questions fréquentes

Google Analytics est-il illégal en France ?

Non. En 2022, la CNIL a mis en demeure des sites qui utilisaient Google Analytics, à cause des transferts de données vers les États-Unis sans garanties suffisantes. Depuis la décision d’adéquation du 10 juillet 2023 (Data Privacy Framework), les transferts vers des entreprises américaines certifiées, comme Google LLC, peuvent se faire sans garanties supplémentaires. Le consentement reste en revanche nécessaire.

Puis-je utiliser Google Analytics sans bannière cookies ?

Pas dans sa configuration standard. L’exemption de consentement de la CNIL ne vaut que pour des outils qui produisent uniquement des statistiques anonymes pour le compte exclusif de l’éditeur, sans réutilisation par le fournisseur. La CNIL cite justement Google Analytics comme exemple d’offre dont le fournisseur réutilise les données.

GA4 anonymise-t-il les adresses IP ?

Selon Google, GA4 n’enregistre ni ne stocke les adresses IP, ce qui rend l’anonymisation inutile. Cela ne suffit pas pour se passer de consentement : les cookies de GA4 contiennent un identifiant unique, et ce sont les conditions de l’article 82 qui s’appliquent.

Le Data Privacy Framework peut-il être annulé ?

Le Tribunal de l’Union européenne a rejeté le 3 septembre 2025 un recours en annulation (affaire Latombe, T-553/23). Un pourvoi a été formé devant la Cour de justice. Tant que celle-ci ne s’est pas prononcée, la décision d’adéquation reste en vigueur.

Cookie Confirm bloque-t-il Google Analytics jusqu’au consentement ?

Oui. Cookie Confirm bloque les scripts de statistiques et de marketing tant que le visiteur n’a pas consenti, et transmet son choix à Google via Consent Mode v2, avec les quatre signaux.

Ce guide est une information générale et non un conseil juridique. Nous le vérifions régulièrement, mais les lois et les recommandations évoluent. Un doute sur votre situation ? Consultez un juriste.

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